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AFRIQUE

L'actualité de la semaine en Afrique

Le colonel Assimi Goitam , la personne sans masque

Depuis le coup d’État d’août 2020 qui a porté au pouvoir la junte militaire dirigée par le colonel Assimi Goïta, le Mali est plongé dans une guerre asymétrique impitoyable contre des groupes djihadistes, principalement le JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, affilié à Al-Qaïda) et l’État islamique au Grand Sahara (ISGS). Cette lutte, qui s’étend sur tout le territoire malien et déborde sur les pays voisins comme le Burkina Faso et le Niger, connaît en ce 25 avril 2026 une phase critique marquée par des attaques simultanées contre des positions militaires dans plusieurs localités stratégiques, dont Bamako lui-même. Les Forces Armées Maliennes (FAMa), appuyées par des mercenaires russes de l’Africa Corps (successeurs des Wagner) et des milices pro-gouvernementales comme GATIA (touareg pro-Bamako), peinent à contenir une menace qui gagne en audace et en coordination, transformant le centre et le sud du pays en un nouveau théâtre d’affrontements intenses.

La journée du 25 avril a débuté par des détonations et des échanges de tirs nourris signalés à Bamako, dans le quartier du fief de la junte, ainsi qu’à Kidal, Gao et Sévaré. Des assaillants non identifiés, probablement liés au JNIM selon les déclarations officielles des FAMa, ont lancé des offensives coordonnées contre des casernes et des checkpoints militaires. L’armée malienne a immédiatement réagi en déclarant un état d’alerte maximale, promettant de « neutraliser les terroristes ». Ces attaques surviennent après une semaine déjà agitée : du 29 mars au 5 avril, les FAMa ont revendiqué des succès à Tombouctou avec la neutralisation de plusieurs djihadistes et la saisie de carburant et de véhicules, mais ces opérations défensives ne masquent pas une réalité plus sombre – les groupes armés contrôlent de facto de vastes zones rurales et étendent leur influence vers les grandes artères économiques.

Le JNIM, sous la direction du charismatique Iyad Ag Ghali, est devenu le maître incontesté de cette guérilla moderne. Depuis fin 2025, ce groupe a multiplié les opérations – plus de 600 recensées rien qu’en 2025 – combinant attaques suicides, embuscades sur convois et blocus stratégiques. Leur coup d’éclat le plus marquant reste le siège de Bamako imposé fin 2025, où ils ont ciblé les camions-citernes pour provoquer une pénurie de carburant paralysant la capitale. Cette tactique vise non seulement à asphyxier l’économie, mais aussi à décrédibiliser la junte auprès de la population : longues files d’attente aux stations-service, transports en commun à l’arrêt, hôpitaux en difficulté – tout cela sape la légitimité du régime Goïta. À cela s’ajoute une expansion territoriale audacieuse : occupation temporaire de localités comme Loulouni dans le sud, prise de contrôle de sites miniers stratégiques comme Intahaka, et serments d’allégeance de clans locaux dans le nord.

Les FAMa, quant à elles, reposent sur un mélange précaire d’unités régulières mal entraînées, de milices ethniques et de soutien mercenaire russe. GATIA, principal allié touareg, assure la défense de zones clés au nord, mais ses affrontements récents avec d’ex-rebelles du CSP-PSD (Coordination des mouvements de l’Azawad) rappellent la fragilité des alliances. L’Africa Corps, déployé depuis le retrait français en 2022, apporte drones, artillerie lourde et conseillers sur le terrain, mais ses méthodes brutales – bombardements indiscriminés, massacres de civils accusés de collaboration – alimentent le recrutement djihadiste. Cette dynamique crée un cercle vicieux : plus les FAMa frappent fort, plus les populations locales se radicalisent ou fuient vers les zones contrôlées par le JNIM, qui se pose en protecteur contre les exactions de Bamako.

Les zones critiques du conflit dessinent une carte de plus en plus sinistre. À Bamako, les attaques du 25 avril signalent une menace directe sur la capitale, autrefois relativement épargnée. Le centre (Mopti, Sévaré) est un chaudron où JNIM et ISGS se disputent le contrôle des routes commerciales, tandis que le nord (Kidal, Tombouctou) voit des opérations FAMa contre des positions retranchées. Le sud (Sikasso, Loulouni) connaît une percée inquiétante du JNIM, qui y impose la zakat et intimide les exploitants miniers. Cette progression sudiste est particulièrement alarmante : elle rapproche les djihadistes des frontières avec la Côte d’Ivoire et le Ghana, risquant une contagion régionale.

Sur le plan stratégique, la junte malienne est à la croisée des chemins. Malgré les rodomontades officielles, elle peine à sécuriser le territoire face à un ennemi insaisissable qui maîtrise la guerre de l’ombre. Le soutien russe, bien que précieux militairement, isole Bamako diplomatiquement : l’Union africaine suspendue, la CEDEAO hostile, et une communauté internationale désengagée qui observe de loin l’effondrement d’un État sahélien. Les combats en cours aujourd’hui pourraient marquer un tournant : soit les FAMa parviennent à briser l’élan du JNIM, soit Bamako subira une humiliation qui précipitera la chute du régime.

Pour la population malienne, épuisée par dix ans de conflit, ces affrontements signifient une vie sous haute tension : routes minées, villages incendiés, enfants enrôlés, famines orchestrées. Le Mali n’est plus seulement un terrain de jeu géopolitique entre Al-Qaïda, l’État islamique, la Russie et les Touaregs ; c’est un pays où la guerre militaire fusionne avec une guerre économique et psychologique, menaçant de faire basculer toute la région ouest-africaine dans le chaos. Tandis que les tirs résonnent encore ce midi à Bamako, une question lancinante demeure : la junte tiendra-t-elle, ou le Sahel offrira-t-il bientôt un nouveau califat aux portes de l’Europe ?

Nadine Kibau

 

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