
Au moins quatre-vingt-dix policiers ont été blessés par une explosion devant le Parlement ukrainien, à Kiev, lundi 31 août. Arsen Avakov, le ministre de l’intérieur de l’Ukraine, a annoncé qu’un des policiers était mort, après avoir reçu un fragment d’un engin explosif dans le cœur. La déflagration a eu lieu alors que des affrontements avaient lieu entre la police et des manifestants, qui protestaient contre l’adoption en première lecture par les députés d’un projet de loi controversé donnant davantage d’autonomie aux territoires de l’Est prorusse.
Plusieurs personnes ensanglantées demeuraient allongées à même le sol devant la Rada. A la sortie du Parlement, des manifestants ont lancé des grenades fumigènes, propageant des nuages de fumées noire et blanche devant le bâtiment ; du gaz lacrymogène aurait également été utilisé par les deux camps.
Les partis de droite, à l’origine des manifestations aux alentours du Parlement, ont dénoncé le texte, qu’ils qualifient d’« antiukrainien » et de « pro-Poutine », et ont tenté de faire pression sur les députés. La réforme cristallise les tensions dans ce pays en proie à une guerre civile depuis près de trois ans. Avant le vote à la Rada, des élus du Parti radical, qui fait pourtant partie de la coalition proprésidentielle, avaient en effet bloqué l’accès à la tribune du Parlement pour empêcher ce vote en scandant « Honte ! ».
Une réforme qui ravive les tensions
Dans le même temps, plusieurs centaines de militants du parti nationaliste Svoboda manifestaient devant le Parlement, protestant eux aussi contre cette réforme, alors que le mouvement d’extrême droite Pravy sektor a déclaré avoir bloqué la circulation dans la rue devant l’assemblée monocamérale. M. Avakov a accusé les membres de Svoboda d’avoir provoqué la police et d’avoir lancé « plusieurs engins explosifs » sur les forces de l’ordre.
La réforme constitutionnelle, souhaitée par les Occidentaux conformément aux accords de paix de Minsk signés en février, est au cœur de débats acharnés en Ukraine, où beaucoup la voient comme une tentative de légaliser de facto le contrôle par les rebelles d’une partie de l’est industriel du pays. Son adoption octroie davantage de pouvoirs aux conseils des élus régionaux et locaux, notamment ceux situés dans la zone actuellement sous contrôle rebelle. La création d’une « police populaire » cristallise notamment les critiques.
Mais, contrairement aux attentes des séparatistes, elle ne confirme pas définitivement le statut semi-autonome des territoires sous leur contrôle. Selon le texte, ce statut doit être déterminé par une loi séparée et seulement pour une durée de trois ans.
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