
Le premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a confirmé, lundi 21 décembre, que la Russie étendrait à l’Ukraine l’embargo sur les produits alimentaires déjà imposé aux pays occidentaux, à partir du 1er janvier, date de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre Kiev et l’Union européenne. Cette annonce tombe au moment même où étaient prévus des pourparlers à Bruxelles censés pouvoir éviter une telle issue.
De son côté, l’Union européenne a, comme prévu, prolongé lundi de six mois ses sanctions économiques contre la Russie pour son implication présumée dans le conflit dans l’est de l’Ukraine, selon un communiqué officiel. Les sanctions avaient été introduites le 31 juillet 2014 pour une année « en réponse aux actions de la Russie dans l’est de l’Ukraine ». Elles avaient été reconduites pour six mois le 22 juin jusqu’au 1er janvier 2016.
Accord très improbable
Depuis des mois, la Russie menaçait d’appliquer son embargo alimentaire, déjà imposé depuis l’été 2014 aux pays occidentaux qui la sanctionnent pour son implication dans la crise ukrainienne, notamment l’UE.
Mais elle avait dit qu’elle ne le ferait qu’en cas d’échec des négociations menées depuis des mois entre Moscou, Kiev et Bruxelles concernant l’application de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE. Or des pourparlers sont encore prévus lundi au niveau ministériel. Cependant, les différentes parties ont déjà jugé très improbable un accord d’ici à la fin de l’année, les discussions précédentes n’ayant permis que très peu de progrès.
Moscou rétablit les droits de douane à la frontière ukrainienne
Le président russe, Vladimir Poutine, avait déjà annoncé qu’il suspendrait sa zone de libre-échange avec l’Ukraine (accord signé en 2011) à l’entrée en vigueur du rapprochement commercial entre Kiev et l’UE. A partir du 1er janvier, les marchandises en provenance du territoire ukrainien seront donc soumises à des droits de douane à la frontière.
La Russie n’a de cesse de répéter que l’accord de libre-échange entre Kiev et Bruxelles risque d’inonder son marché de produits européens si elle ne prend pas des mesures de protection commerciale, ce que réfute la Commission européenne.
Côté ukrainien, le président Petro Porochenko a reconnu la semaine dernière que la suspension par Moscou des tarifs préférentiels allait « porter préjudice » à l’économie ukrainienne. « Nous sommes prêts à payer le prix pour notre liberté et notre choix européen », a-t-il lancé.
Sur le plan financier, Kiev a refusé de rembourser un crédit de 3 milliards de dollars accordés par la Russie en 2013 au régime prorusse du président ukrainien d’alors, Viktor Ianoukovitch. Alors que la date butoir du paiement était dimanche, M. Medvedev a demandé à son gouvernement de « préparer toutes les décisions nécessaires pour saisir l’organisme juridique » compétent en vue de « lancer la procédure avec la ténacité et le soin nécessaires ».
La Russie et l’Ukraine sont engagées dans une crise sous précédent depuis l’arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en Ukraine, au début de 2014, suivie de l’annexion de la Crimée puis du conflit avec des séparatistes prorusses, qui a fait plus de neuf mille morts.
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