
Les crues qui inondent une partie de la France depuis le début de la semaine ont fait quatre morts et 24 blessés, a annoncé samedi matin Manuel Valls.
Le Premier ministre, qui s'exprimait au ministère de l'Intérieur à l'issue d'une réunion sur la gestion des conséquences des intempéries, a précisé que le retour à la normale prendrait du temps après cet épisode qui a entraîné 20.000 évacuations et 17.000 interventions des sapeurs-pompiers dans les zones concernées.
A Paris, la Seine a atteint son plus haut niveau dans la nuit de vendredi à samedi, à 6,10 mètres avant de se stabiliser.
"On est plutôt maintenant dans cette phase de plateau avant la décrue qui va prendre un certain temps", a déclaré samedi matin la maire de Paris Anne Hidalgo lors d'un point presse.
Selon Bruno Jamet, hydrologue de l'organisme public Vigicrues interrogé sur France Inter, il faudra "une bonne semaine" pour retrouver des niveaux normaux.
PAS DE NORMALISATION IMMÉDIATE DANS LES TRANSPORTS
Face à cette crue, d'une ampleur comparable à cette de 1982, au cours de laquelle le fleuve avait atteint 6,18 mètres, la circulation est toujours interrompue sur un tronçon du RER C. Les stations de métro de Cluny-la-Sorbonne et celle de Saint-Michel, couplée à une gare RER, sont fermées en raison d'infiltrations.
Dans les transports franciliens, les perturbations liées aux intempéries devraient se poursuivre la semaine prochaine. Au total, une vingtaine de kilomètres de voies sont affectées directement par les inondations et une quinzaine de gares sont touchées, directement ou indirectement, a-t-on indiqué à la SNCF, contactée par Reuters.
"Pour remettre en état, il va falloir attendre la décrue, ça va prendre plusieurs jours", a prévenu sur TF1 (PA:TFFP) Alain Krakovitch, directeur Transilien à la SNCF.
Une fois que le reflux des eaux permettra d'accéder aux installations, "on devra réinstaller, réparer et donc ça prendra de nouveau plusieurs jours", a-t-il poursuivi.
Les musées parisiens du Louvre et d'Orsay, mais aussi le Grand Palais, le Palais de la Découverte et la Bibliothèque nationale de France (BNF) restent fermés au public ce samedi.
En se propageant vers l'aval, les crues, qui concernaient jusqu'ici principalement l'Ile-de-France et la région Centre-Val de Loire, devraient également toucher la Normandie.
Vigicrues prévoit ainsi des débordements localisés entre Rouen et l'estuaire de la Seine, un phénomène qui devrait être amplifié par les forts coefficients de marée attendus pour ce week-end.
Outre les 14 départements placés en vigilance orange par Météo France en raison des crues, cinq départements du Nord-Est font également l'objet d'une vigilance orange pour des orages qui devraient survenir à partir de la mi-journée.
Près de 17.000 foyers étaient privés de courant samedi matin en Ile-de-France et dans le Centre, a précisé Enedis (ex-ERDF).
LOURDS DÉGÂTS ANTICIPÉS
Manuel Valls a affiché la volonté du gouvernement de s'engager pour que l'ensemble des aides mobilisables puissent être mises en place le plus rapidement possible, à la fois pour les particuliers et les communes, les agriculteurs, les commerçants et industriels concernés.
Alors que le conseil des ministres examinera mercredi les premières procédures de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour les territoires concernés, ce qui permettra de déclencher les procédures d'indemnisation des sinistrés, Manuel Valls a précisé que 300 dossiers de demande en ce sens avaient déjà été déposés pour la seule région Ile-de-France.
La présidente du conseil régional francilien, Valérie Pécresse, a quant à elle indiqué sur Europe 1 qu'elle proposerait à l'exécutif régional de voter le 15 juin prochain le déblocage d'un fonds d'urgence d'un million d'euros.
Selon l'Association française de l'assurance (AFA), les dégâts consécutifs aux crues et inondations pourraient coûter aux assureurs au moins 600 millions d'euros.
Pascal Demurger, directeur général de la MAIF, a avancé sur France info un bilan trois fois plus élevé, qui pourrait donc se monter à près de deux milliards d'euros pour les seuls particuliers, alors que de nombreuses entreprises ont également enregistré des dégâts importants.
Le coût plancher de 600 millions d'euros évoqué par l'AFA correspond à celui enregistré lors des pluies diluviennes d'octobre dernier sur le littoral des Alpes-Maritimes, mais les inondations de cette semaine couvrent des zones beaucoup plus étendues et la décrue sera lente, avec des eaux stagnantes entraînant des dégâts plus importants, a-t-il expliqué.
Avec investing








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