
C’est le plus grand exercice militaire organisé par la Pologne et l’Otan depuis la chute du bloc communiste en 1989. Depuis mardi 7 juin et pendant dix jours, 24 pays, dont 19 de l’Alliance atlantique, participent à cette opération d’envergure, à quelques encablures de la frontière russe.
Baptisées Anakonda, ces grandes manœuvres, qui rappellent celles des temps de la Guerre froide, ont rassemblé 31 000 soldats – dont 14 000 Américains -, 3 000 véhicules, 105 avions et 12 navires.
Elles se déroulent à un mois du sommet de l’Otan qui aura lieu à Varsovie le 8 et 9 juillet et qui sera consacré au renfoncement de la présence de l’Alliance en Europe de l’Est.
Le scénario d’une guerre « hybride » avec la Russie
Anakonda est à la base un exercice militaire « polonais » organisé tous les deux ans. Sauf que cette année, l’armée américaine lui a attribué une dimension multinationale pour faire face à « la menace potentielle » russe. « Le but de l’exercice est de vérifier la capacité des pays de l’Alliance à défendre son flanc oriental », a déclaré, lundi, le ministre polonais de la Défense, Antoni Macierewicz.
Officiellement, le dispositif se veut défensif. Cependant, le scénario de la manœuvre ne laisse aucun doute sur l’identité du pays visé. Appelé « l’Union Rouge », l’agresseur imaginaire durant l’exercice est représenté par des « petits hommes verts » en référence à ces hommes aux uniformes verts qui ont participé à l’annexion de la Crimée en 2014.
Des tensions nourries par des positions divergentes
En dépit des assurances des pays impliqués, la Russie s’est sentie directement menacée par ces manœuvres militaires. Son ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, n’y est pas allé par quatre chemins pour le faire savoir. « Ici, nous invoquons le droit souverain de la Russie à assurer sa sécurité avec des mesures adéquates aux risques actuels », a-t-il déclaré, en marge d’une visite en Finlande.
Cette tension au parfum de Guerre froide, qui règne depuis quelques années sur les relations entre la Russie et l’Otan, ne cesse de s’exacerber. Et pour cause, les positions des deux camps sont diamétralement opposées sur plusieurs dossiers.
En effet, depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, l’Alliance atlantique a trouvé le bon prétexte pour renforcer sa présence dans les pays ayant déjà été sous la souveraineté de l’ex-Union Soviétique, à travers l’installation de bases militaires permanentes. En réaction, la Russie a décidé, en mai 2016, de déployer trois nouvelles divisions pour contrer la présence de l’Otan à ses frontières.
En outre, la présence russe en Syrie au côté du régime de Bachar Al Assad a alimenté ces tensions, notamment après l’abattage d’un avion militaire russe par la Turquie en novembre 2015. L’Otan, qui a apporté son soutien à la Turquie, n’a jamais vu d’un bon œil cette intervention russe, qui a permis au régime syrien de regagner du terrain.
Avec TSA








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