
Des militaires et la police sécurisent la Promenade des Anglais, après une attaque meurtrière, survenue le 14 juillet 2016 à Nice.Reuters
Un camion a foncé ce jeudi 14 juillet au soir dans la foule sur la Promenade des Anglais à Nice pendant le feu d'artifice de la Fête nationale, faisant au moins 77 morts, selon le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) Christian Estrosi. Les autorités ont immédiatement évoqué la piste de l'attentat.
Cet article est régulièrement mis à jour, cliquer pour rafraîchir
L’essentiel :
► Un camion a foncé dans la foule regroupée sur la Promenade des Anglais pour assister au feu d’artifice du 14-Juillet. Après une course de 2 km, le chauffeur a été abattu par la police.
► Des armes ont été retrouvées à bord du camion.
► Les autorités évoquent une attaque criminelle de grande ampleur. Le dernier bilan du président de la région fait état de 77 morts.
► Le « plan blanc » a été déclenché, une cellule d'information du public activée à la préfecture des Alpes Maritimes (04.93.72.22.22). Une cellule d’aide aux victimes est par ailleurs joignable au 01.43.17.56.46.
► Le président François Hollande a rejoint la cellule de crise réunie au ministère de l’Intérieur. Bernard Cazeneuve a quitté Paris pour se rendre à Nice.
► La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.
Le drame s'est déroulé alors que des milliers de personnes étaient réunies pour assister au feu d'artifice sur la Promenade des Anglais à Nice. Selon de nombreux témoins sur place, un camion blanc a foncé sur la foule vers 22h30. La préfecture des Alpes-Maritimes évoque un attentat et conseille aux habitants de rester cloîtrés.
Le président de la région Paca Christian Estrosi évoque quant à lui « 77 victimes décédées » et de nombreuses autres victimes seraient toujours dans un état d'urgence absolue.
L'attaque a suscité un mouvement de panique. Un journaliste du quotidien Nice-Matin, qui se trouvait sur place, décrit une scène de panique au moment de l'incident, quand un journaliste de l'AFP parle d'un « chaos absolu ». « Des gens hurlaient. [...] Nous avons vu des gens touchés et des débris voler partout », a-t-il encore raconté, ajoutant qu'il avait très vite compris, « qu'un camion de cette taille avec une trajectoire en ligne droite » ne pouvait être qu'un « acte totalement délibéré ».
Le camion « a foncé sur la foule sur une longue distance, le long de la Promenade [des Anglais], ce qui explique ce bilan extrêmement lourd », a précisé le sous-préfet des Alpes-Maritimes Sébastien Humbert. Le parquet parle d'une distance de 2 kilomètres sur laquelle le camion aurait fauché les personnes présentes sur la Promenade des Anglais.
Le chauffeur « abattu », des armes retrouvées dans le camion
Des témoins ont très vite évoqué des échanges de coups de feu et notamment des tirs provenant du camion. Des impacts sont visibles sur le véhicule arrêté sur la Promenade des Anglais. « Il y a eu des coups de feu et le chauffeur a été abattu », indique Sébastien Humbert.
Christian Estrosi a assuré à plusieurs journalistes que le conducteur du camion était chargé d'armes et de grenades. « Il y avait des armes dans ce véhicule et des armes lourdes, je ne peux pas m'exprimer au-delà de cela, c'est la responsabilité du préfet et du procureur », a ajouté l'ex-maire de Nice, désormais 1er adjoint (LR) de la municipalité et président de la région Paca. Le chauffeur aurait tiré sur la foule alors qu'il avançait avec son véhicule, selon des témoins sur place.
La piste terroriste « privilégiée »
Vers 23h20, un important périmètre de sécurité était délimité à proximité, autour de la place Masséna. De nombreuses ambulances et des membres des forces de l'ordre et des militaires se sont ensuite déployés en nombre, notamment autour de la place Masséna, à proximité et totalement bouclée vers 23h30, rapporte l'AFP.
La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête. « La piste terroriste est privilégiée », a déclaré une source proche de l'enquête citée par l'AFP. Le sous-préfet évoque une « attaque criminelle de grande ampleur ».
Cellule de crise à Paris, Cazeneuve à Nice
Dès l'annonce du drame, François Hollande, qui se trouvait à Avignon pour une visite privée au Festival, s'est entretenu avec Manuel Valls et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, avant d'annoncer son retour à Paris, où il a participé à une cellule de crise Place Beauvau avec le Premier ministre et des cadres de la police et de la gendarmerie. Bernard Cazeneuve a de son côté quitté Paris quelques heures après l'attaque pour se rendre sur les lieux du drame.
Le président français réunira ce vendredi à 09h du matin un conseil restreint de sécurité et de défense autour de lui au Palais présidentiel, indique l'Elysée.
Depuis l’annonce de l’attaque, les réactions des politiques se multiplient, essentiellement sur Twitter, pour exprimer leur effroi et leur soutien à la population niçoise. Le président du parti Les Républicains Nicolas Sarkozy a ainsi exprimé sur le réseau social son « émotion profonde » et sa « solidarité à l’égard des Niçois ». Un sentiment partagé par la maire PS de Paris Anne Hidalgo. « Nos villes sont unies », a-t-elle twitté.
Outre-Atlantique, Barack Obama a condamné « ce qui semble être un odieux attentat terroriste », commis à Nice, et a promis l'aide des Etats-Unis aux autorités françaises, indique la Maison Blanche dans un communiqué.
Mobilisation sur les réseaux sociaux
La mobilisation est de mise sur les réseaux sociaux. Facebook a lancé son outil Safety Check pour permettre aux usagers de signaler à leurs proches qu’ils sont en sécurité. Sur Twitter, les utilisateurs lancent le hashtag #PortesOuvertesNice pour permettre aux personnes ne pouvant rentrer chez eux de trouver un endroit où se réfugier.
Sur Twitter, le CHU de Nice a annoncé le déclenchement du « plan blanc ». Mis en place depuis 2004, ce système implique la mise en alerte des hôpitaux, des services d’urgence et de tout le dispositif de santé publique. Les « plans blancs » prévoient notamment la coordination entre les services d’urgence et la réquisition des personnels médicaux et hospitaliers.

Menace maximale
Depuis les attentats du 13 novembre, les forces de sécurité redoutaient un nouveau passage à l’acte. Les forces de l’ordre ont été particulièrement sur les dents pendant l’Euro de football. Mais le gouvernement n’a eu de cesse de le répéter depuis le mois de novembre, et même avant : la menace est maximale, et ce de manière structurelle. Depuis le 13 novembre, la France vit sous état d’urgence.
Il est trop tôt pour tirer des conclusions sur ce qui s’est passé il y a quelques heures, mais le scénario de cette attaque qui semble se dessiner est différent de celui du 13 novembre. Il ne s’agit pas ici de plusieurs commandos qui frappent en plusieurs points au même moment, mais d’une ou quelques personnes, une attaque moins organisée et donc plus difficile à détecter pour les services de renseignement. Ce type d’attaque est une grande crainte des services de renseignement et des forces de l’ordre.
Même si la prudence est de mise, les regards se tournent désormais vers le groupe Etat islamique ce soir. Si cette attaque vient de l’organisation jihadiste, une revendication peut être attendue dans les prochaines heures. Le groupe EI avait ainsi revendiqué les attentats du 13 novembre dès le lendemain matin.
Avec Rfi








Application de CComment' target='_blank'>CComment