
Le président du Comité international olympique Thomas Bach. photo AFP
Le CIO a renoncé à «l’option nucléaire» hier: le Comité olympique russe n’est pas suspendu pour les Jeux de Rio, et ce sera donc aux Fédérations internationales de trier et d’éliminer les sportifs contaminés par le système de dopage d’État russe selon certains critères stricts.
Seuls les athlètes restent éliminés des JO (5-21 août), après la confirmation par le Tribunal arbitral du sport de Lausanne jeudi du droit de la Fédération international d’athlétisme (IAAF) à suspendre collectivement l’athlétisme russe.
«Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde», a reconnu le président du Comité international olympique Thomas Bach dans une conférence de presse par téléphone, en affirmant avoir «placé la barre le plus haut »
«C’est un triste jour pour le sport», a effectivement commenté l’INADO, l’Institut international des agences antidopage, cité par The Guardianbritannique sur son site internet.
«De façon décevante, au moment le plus important pour les athlètes propres et pour l’intégrité des Jeux olympiques, le CIO a refusé de jouer un rôle de leader déterminant», a insisté Travis Tygart, directeur général de l’USADA, l’agence antidopage américaine.
«Un jour triste pour le sport propre», a renchéri Paula Radcliffe, recordwoman du monde du marathon. Chris Hoy, cinq fois médaillé d’or olympique en cyclisme, s’est demandé: «Quel message le CIO veut-il envoyer alors que son travail est clairement de prendre des décisions cruciales et non de renvoyer la balle» aux fédérations internationales?
La Russie reconnaissante
La Russie s’est par contre montrée «reconnaissante» de la décision «objective» du CIO, voulant croire qu’une majorité des sportifs russes sélectionnés par leur comité olympique (387) iront bien à Rio. Le CIO n’a donc pas pris pour la Russie la mesure qu’il avait su prendre en 2015 en suspendant le Comité olympique koweïtien, pour «ingérence gouvernementale indue».
Par le passé, le CIO avait exclu l’Afghanistan des Talibans des JO de Sydney en 2000, et l’Afrique du Sud de l’apartheid durant sept Jeux consécutifs, de 1964 à 1988. Mais aucune nation jusqu’à présent n’a été sanctionnée pour dopage.
Critères stricts
En confiant aux Fédérations internationales le soin de trier parmi les sportifs russes, le CIO a certes fixé des critères très stricts à respecter. Et notamment celui de ne retenir aucun athlète ayant été condamné pour dopage dans le passé, quand bien même il aurait déjà purgé sa peine.
Mais ce critère a justement déjà suscité de vives critiques. «C’est totalement incohérent d’introduire une telle interdiction pour les Russes à la dernière minute tout en autorisant des athlètes d’autres pays au même pedigree!» s’est insurgé le Britannique Greg Rutherford, champion olympique de saut en longueur.
Une référence claire à Justin Gatlin, par exemple, le sprinteur américain en lice pour le titre olympique sur 100 m à Rio après avoir été deux fois suspendu pour dopage pendant cinq ans au total.
Pour sélectionner les sportifs réellement «propres», les fédérations internationales devront également passer au crible le CV antidopage des candidats en s’assurant qu’ils ont tous subi des contrôles crédibles et donc faits hors de Russie.
Avec Afp








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