
Cette nouvelle équipe sera chargée de gouverner jusqu'à l'élection présidentielle d'avril-mai, à laquelle le président François Hollande a renoncé à se présenter.
Le remaniement survient cinq jours après l'annonce qui a conduit Manuel Valls à se lancer lundi dans la course à l'Élysée, en passant par la primaire que la gauche organise en janvier.
Bernard Cazeneuve arrive à Matignon fort d'une réputation consolidée par sa gestion de la menace terroriste qui pèse sur la France, frappée depuis deux ans par des attentats meurtriers, malgré les failles relevées par l'opposition de droite.
« C'est une personnalité qui a l'expérience de l'État, le sens de l'État et une capacité de rassemblement », a-t-on déclaré dans l'entourage de François Hollande. « Avec @BCazeneuve, la France est entre de bonnes mains! Éthique, respect, ancrage et efficacité », a commenté de son côté sur Twitter le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.
Autre fidèle du chef de l'État, Bruno Le Roux était jusqu'ici le président du groupe PS à l'Assemblée nationale. Il a déclaré devant la presse ressentir « une grande responsabilité dans la période d'être ministre de l'Intérieur et d'avoir à assurer avec le président de la République, avec le premier ministre, la protection totale des Français et des débats qui vont avoir lieu dans notre pays ».
André Vallini a été nommé secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement et Jean-Marie Le Guen secrétaire d'État au Développement et à la Francophonie. Les deux hommes échangent ainsi leurs postes.
« Gouvernement passerelle »
Député puis sénateur de l'Isère, André Vallini est considéré comme un « hollandais » historique, à la différence de Jean-Marie Le Guen, proche de Manuel Valls.
Le reste du gouvernement est inchangé par rapport au précédent. Les radicaux de gauche ne sont ainsi pas pénalisés par la candidature de la ministre du Logement, Sylvia Pinel, à l'élection présidentielle hors primaire de la gauche.
« L'objectif était d'avoir un gouvernement immédiatement opérationnel avec des hommes et des femmes d'expérience », a-t-on expliqué dans l'entourage de François Hollande.
La passation de pouvoir à Matignon doit avoir lieu mardi après-midi, avant un conseil des ministres réunissant le gouvernement au grand complet mercredi.
Les réactions à ce remaniement ont été, à droite, l'occasion de souligner ce que l'opposition considère comme l'échec de la politique menée sous le quinquennat de François Hollande. « M. Hollande abat les cartes qui lui restent et il ne lui reste dans son jeu somme toute plus grand-chose, a commenté sur LCI Valérie Debord, porte-parole des républicains. Ces cartes ne sont pas des as, ce sont au pire des valets. »
Pour l'ancien ministre des Républicains Éric Woerth, cette nomination d'un « gouvernement passerelle qui va fonctionner jusqu'à la prochaine élection » est un non-évènement.
Le député du Front national Gilbert Collard a décrit sur LCI un « sentiment de bric-à-brac ».
Bernard Cazeneuve « restera dans l'histoire comme Cazeneuve-le-bref, qui aura occupé le poste de premier ministre pendant quelques mois parce qu'il faut trouver quelqu'un pour colmater la brèche du vide institutionnel ».
Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, candidat de « La France insoumise » à l'élection présidentielle, a lui aussi minimisé l'importance de ce remaniement.
« Sur le plan politique, c'est la continuité de toute façon de ce qui a été fait précédemment », a-t-il dit sur France info.
Avec reuters/ radio Canda








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