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EUROPE

L'actualité de la semaine en Europe

Boris Johnson est devenu le nouveau premier ministre britannique et a immédiatement promis de faire sortir coûte que coûte le Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 octobre.

«Nous allons remplir la promesse faite par le parlement à la population et sortir de l'UE le 31 octobre, sans conditions», a déclaré M. Johnson, pour son premier discours prononcé devant le 10, Downing Street, après avoir été officiellement investi par la reine Élisabeth II au palais de Buckingham.  

Il a répété que si cela devait se faire au prix d'une sortie sans accord, son pays serait prêt, fustigeant le «pessimisme» des anti-Brexit, qui redoutent les conséquences économiques d'une rupture brutale après 46 ans d'union.

 

Trois ans après le référendum de juin 2016 qui a vu les Britanniques voter à 52% pour le Brexit, «les Britanniques en ont assez d'attendre», a martelé Boris Johnson, «il est temps d'agir».

La «priorité immédiate» de Boris Johnson sera d'accomplir le Brexit, a aussi souligné Theresa May, dans sa dernière allocution, souhaitant «bonne chance» à son successeur à qui elle laisse un pays toujours profondément divisé.

Mme May a été contrainte au départ pour n'avoir pas su convaincre les députés de valider son accord de Brexit conclu en novembre avec l'UE.

Son successeur doit maintenant dévoiler la composition de son gouvernement. Il y aura plus de femmes et plus de représentants des minorités ethniques, selon la presse britannique. M. Johnson a déjà nommé comme conseiller Dominic Cummings, directeur controversé de la campagne officielle en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016, a-t-on appris auprès d'une source proche de son équipe.

Premiers accrocs

Avant même qu'il n'arrive à Downing Street, plusieurs ministres ont claqué la porte du gouvernement : le vice-premier ministre David Lidington, le ministre des Finances Philip Hammond, celui de la Justice David Gauke et celui du Développement international Rory Stewart, marquant ainsi leur opposition à l'éventualité d'une sortie sans accord de l'UE.

 

En partant, ils enlèvent à Boris Johnson le plaisir de les limoger et montrent que ce fervent défenseur du Brexit est loin de faire l'unanimité, même dans son propre camp conservateur.

Second accroc pour son premier jour au pouvoir : des militants écologistes de l'organisation Greenpeace lui ont brièvement bloqué la route, alors qu'il se rendait au palais de Buckingham, formant une chaîne humaine sur la chaussée.

Et pendant qu'il prononçait son discours devant Downing Street, des manifestants anti-Brexit criaient leur mécontentement.

Ces anicroches montrent que Boris Johnson ne part pas en terrain conquis. Et s'il s'est dit persuadé d'obtenir un «meilleur accord qui maximisera les opportunités du Brexit», il lui reste à préciser sa stratégie.

«Nous attendons de savoir ce que le nouveau premier ministre Boris Johnson veut, quels sont les choix du Royaume-Uni», a déclaré mercredi à la BBC le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. «Le "no deal" ne sera jamais le choix de l'UE, mais nous sommes prêts», a souligné M. Barnier.

Boris Johnson était reçu mercredi après-midi au palais de Buckingham par la reine Élisabeth II pour se voir officiellement confier la tâche de former le nouveau gouvernement britannique.

Le Parlement européen a lui mis en garde contre les conséquences «économiquement très dommageables» d'un départ du Royaume-Uni de l'UE sans accord.

Il a également réaffirmé la possibilité de modifier la déclaration politique, qui pose les bases de la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit, mais pas l'accord de retrait, laborieusement conclu, qui fixe les conditions du divorce.

Tandis que chaque partie semble camper sur ses positions, le temps presse : moins d'une centaine de jours avant l'échéance du Brexit.

«J'ai hâte que l'on se rencontre afin de discuter-en détail-de notre coopération», a écrit mercredi à M. Johnson Donald Tusk, le président du Conseil européen.

Outre le Brexit, Boris Johnson aura pour mission d'apaiser les craintes liés à l'escalade des tensions dans le Golfe, après l'arraisonnement vendredi par l'Iran d'un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit stratégique d'Ormuz.

 

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