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EUROPE

L'actualité de la semaine en Europe

 

 

Notre envoyé spécial a rencontré deux combattants nord-américains engagés du côté ukrainien.

Les troupes russes gagnent du terrain dans l’est de l’Ukraine et bombardent sans répit les dernières villes importantes qui leur échappent. Notre envoyé spécial a rencontré deux combattants nord-américains engagés du côté ukrainien. Ils parlent de compagnons très motivés mais impliqués dans une lutte inégale.

Ils sont cinq assis sur une terrasse de Kiev. Cinq jeunes hommes barbus, vêtus de vert. Ils rient très fort. Ce sont des soldats engagés contre l’envahisseur russe. La veille, deux d’entre eux sont revenus du front.

Très fatigué, marqué par ce que j’ai vu dans le Donbass, explique « Beaver ». C’est un Montréalais dans la trentaine, un soldat d’expérience, qui souhaite être désigné par son nom de guerre.

On a parcouru littéralement presque tout le Donbass. On a vu à quel point les positions russes avancent, malheureusement. Des positions qui, chaque jour, se rapprochent de villes clés comme Sievierodonetsk.

Le Montréalais s'est lié d’amitié avec Ajay, un Américain du même âge, qui a servi deux fois en Afghanistan. Il assure posséder huit ans d’expérience dans l’armée américaine.

« Mon gouvernement ne veut plus rien savoir des conflits étrangers. Je suis venu par moi-même pour offrir mon expérience et mon temps aux Ukrainiens. »

— Une citation de  Ajay, un combattant américain

Les deux compagnons ont passé quelques semaines dans des unités de combat formées d’étrangers avant de rejoindre la Défense territoriale, une sorte de réserve ukrainienne composée de volontaires.

Ils sont à Kiev pour quelques jours de repos après deux semaines intenses dans la région de Louhansk, une des deux régions qui forment le Donbass et où habitent des russophones et des séparatistes.

La certitude qu’on allait mourir à cet endroit-là... Les combats sont intenses. C’est très dangereux, relate Ajay. L'artillerie et l’aviation russes frappent tous les jours. Les fenêtres [de notre hôtel] tremblaient quand les bombes tombaient tout près.

L'impact de l'obus soulève une énorme gerbe de terre à moins de 10 mètres d'une auto sur une route de campagne.

Un obus de mortier explose à quelques mètres de la route et d'une auto à Lysychansk, dans la région du Donbass, le 23 mai 2022.

PHOTO : AFP VIA GETTY IMAGES / ARIS MESSINIS / AFP

Les combattants étaient basés à Bakhmout, une des villes ciblées par les Russes et désertées par les civils. Ils devaient mener des attaques-surprises contre des positions ennemies. Mais un soir, ce sont eux qui ont été surpris.

« On a secouru des soldats coincés dans le secteur d’Izium. C’est en revenant qu’on a été attaqués par l’artillerie russe. On était tous convaincus qu’on allait mourir à cet endroit-là. »

— Une citation de  Beaver, un combattant montréalais

Les combattants se sont terrés dans la forêt dans l’espoir d’échapper aux drones russes dépêchés pour les repérer. On était tous vissés au sol, sans parler, ajoute-t-il. Tout autour d'eux, les explosions de l’artillerie.

On voyait les flammes, ça sentait la fumée, ça sentait la poudre. Et c’était très bruyant : un niveau de décibels qui fait mal aux oreilles. Personne ne disait un mot. Tout le monde faisait ses prières.

Prières exaucées. Quelques jours plus tard, les deux hommes sont rentrés se reposer à Kiev. Dans leurs sacs à dos, ils rapportaient cette grande frousse et des leçons du front.

Des troupes indisciplinées

Ce sont des cow-boys, lance Ajay. Il fait référence aux combattants qu'il a côtoyés dans la Défense territoriale, et non aux soldats de l'armée ukrainienne.

Certains de ses compagnons d’armes lui sont paru moins disciplinés que les soldats professionnels. Il évoque des combattants parfois ivres ou drogués. Inconscients des risques.

Un homme dans la trentaine pose pour la photo.

Ajay, un combattant américain engagé auprès des forces ukrainiennes.

PHOTO : RADIO-CANADA / RICHARD MOSS

La nuit, par exemple, ils roulent comme des fous, les phares parfois allumés. Même chose pour leurs cellulaires : ils laissent l’écran allumé. C’est le genre de choses qu’il ne faut pas faire. Les Russes peuvent nous apercevoir.

Certains, explique Beaver, ont vécu la guerre et les combats avec les Russes. Mais c’était souvent au sein d’unités paramilitaires qui ont déjà des défauts organisationnels majeurs et qui n'ont pas les mêmes standards de discipline.

Les hommes ont un bon esprit de combat, fait remarquer Ajay. Mais ils ont besoin de meilleures tactiques. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de victimes : ils ne sont pas assez entraînés.

Un combattant ukrainien manipule une mitrailleuse depuis l'intérieur de son abri.

Certains combattants sont aguerris par la guerre qui sévit dans l'est de l'Ukraine depuis 2014, mais d'autres sont moins expérimentés.

PHOTO : GETTY IMAGES / ANATOLI STEPANOV, / AFP

Beaver va même jusqu’à dénoncer une des méthodes de combat qui seraient employées par les Ukrainiens : attaquer l’adversaire depuis des lieux où habitent encore des civils. Les ripostes russes en pleine ville entraînent un risque de pertes de civils.

 

Des armes occidentales aux pièces manquantes

Les troupes ukrainiennes manqueraient aussi d’armes modernes et de munitions. De plus, selon ce que les deux combattants ont observé, le matériel offert par les alliés occidentaux ne se rend pas toujours au front.

Le Javelin est certainement le modèle d’arme antichar le plus popularisé dans ce conflit. Toutefois, d'après les deux hommes, il ne peut pas toujours être utilisé contre les tanks russes.

Pour le Javelin, ce qu’on a constaté, c’est qu’il n’y avait pas le CLU, le système informatique nécessaire à l’utilisation du Javelin, ce qui rendait le tir impossible, l’arme inutilisable, déplore Beaver.

Deux soldats en treillis, dont un qui porte un Javelin à la main.

Un soldat ukrainien muni d'un lance-missile antichar Javelin

PHOTO : REUTERS / GLEB GARANICH

Ajay a aussi remarqué que les piles qui alimentent les systèmes informatiques de ces armes sophistiquées sont souvent désuètes. Trop vieilles. Or, sans source d'énergie, cette arme ne sert à rien.

Il y aurait aussi les manuels d’utilisation écrits dans des langues incomprises en Ukraine, de l’équipement acheminé là où il ne peut pas servir. Ou trop près du front, donc vite détruit par l’artillerie russe.

Quant aux combattants formés à la hâte par les Occidentaux, Ajay croit qu’ils sont vite dépêchés au combat, où ils risquent de mourir avant d’avoir pu entraîner leurs compagnons.

« L’Occident pense que l’aide se rend à bon port, mais je n'ai pas vu ça. Il y a beaucoup de problèmes logistiques, beaucoup d'unités qui ne savent pas utiliser ce qu’on leur envoie. »

— Une citation de  Ajay, un combattant américain

Radio-Canada ne peut pas vérifier ces propos, qui ne reflètent qu’une vision bien partielle des efforts militaires ukrainiens.

Les pays occidentaux comme le Canada fournissent des millions de dollars d'équipement militaire toujours plus sophistiqué, mais peu d'informations circulent selon lesquelles ces armes sont bel et bien utilisées.

À contrecœur mais en se fondant sur leur expérience militaire, les deux combattants tirent une conclusion : insuffisamment armée, l'Ukraine perdra le Donbass au cours des prochains jours.

L'ennemi, rappellent-ils, est équipé d’armes modernes, a plus de pièces d’artillerie et plus d’avions. C’est un peu une bataille perdue d’avance.

Beaver est d’accord; toutefois, comme Ajay, le Montréalais ne veut pas abandonner les Ukrainiens.

« Les gens [que j’ai rencontrés] sont prêts à mourir pour l’Ukraine. C’est un combat qui est probablement perdu, mais malgré tout, ce n’est pas une raison pour abandonner. »

— Une citation de  Beaver, un combattant montréalais

Les deux promettent de retourner au front dès le début de juin. Et si ce n’est pas au Donbass, ce sera dans le sud du pays, qui subit aussi les assauts des forces russes.

 

Radio Canada

 

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