
En mars 2026, une nouvelle rébellion armée a fait son apparition dans la province du Haut-Katanga, en République démocratique du Congo. Il s’agit du Mouvement Debout Katanga pour la Libération du Congo (MDKC), également appelé MKDC, qui se présente comme le « Stand Up Katanga Movement for the Liberation of Congo ».
Ce groupe, jusqu’alors inconnu du grand public, a revendiqué sa première action le 3 mars 2026 en prenant le contrôle de la localité de Lusinga, située dans le territoire de Mitwaba, près du Parc national de l’Upemba. Quelques jours plus tard, le 6 mars 2026, il a publié un communiqué officiel dans lequel son porte-parole, le colonel Ngoy Kumwimba dit « Tigre », annonce le début d’une lutte armée contre le pouvoir central de Kinshasa.Le MDKC accuse le gouvernement de Félix Tshisekedi de mauvaise gouvernance, de corruption, de népotisme et surtout de marginalisation économique et politique du Grand Katanga. Selon le mouvement, les richesses minières de la région (cuivre, cobalt, uranium…) sont systématiquement pillées au profit du centre du pays, tandis que les cadres et militaires originaires du Katanga sont persécutés ou mis à l’écart. Le groupe appelle donc la population katangaise, particulièrement la jeunesse et les militaires des FARDC issus de la province, à rejoindre ses rangs pour « libérer le Katanga et le Congo de la tyrannie ».
Cette nouvelle rébellion s’inscrit dans la longue tradition des revendications autonomistes ou sécessionnistes du Katanga, qui remonte à la sécession de 1960. Le territoire de Mitwaba n’a pas été choisi par hasard : il constitue depuis plus de dix ans un bastion historique des Maï-Maï Bakata Katanga (Kata Katanga), un groupe qui lutte pour une plus grande autonomie ou l’indépendance de la région. Les analystes considèrent le MDKC comme une nouvelle branche ou une réactivation de cette mouvance, même si le mouvement se présente comme inédit.Les autorités congolaises ont réagi rapidement et avec fermeté. Des renforts des Forces armées de la RDC (FARDC) ont été déployés dans la zone de Mitwaba pour mener des opérations de ratissage. Kinshasa affirme avoir repris le contrôle de plusieurs localités, dont Konga, et minimise l’ampleur du groupe, tout en évoquant parfois des liens possibles avec d’autres forces déstabilisatrices. Cependant, des élus locaux du Haut-Katanga ont dénoncé des exactions commises par les troupes gouvernementales contre les populations civiles, provoquant des déplacements de personnes dans la région.
Le Haut-Katanga étant le cœur minier de la RDC, toute instabilité prolongée dans cette zone pourrait avoir des conséquences importantes sur la production de cuivre et de cobalt, ressources stratégiques pour l’économie nationale et la transition énergétique mondiale. À ce stade (début avril 2026), le MDKC reste un mouvement de taille encore limitée. Son nombre exact de combattants, ses capacités militaires réelles et ses éventuels soutiens politiques ou extérieurs demeurent mal connus. Des rumeurs circulent sur d’éventuels liens avec d’anciens réseaux katangais, mais aucune preuve tangible n’a été rendue publique. L’émergence du MDKC rappelle que les frustrations régionales restent vives en RDC, particulièrement dans le sud-est du pays. La façon dont le pouvoir central gérera cette nouvelle rébellion pourrait influencer la stabilité du Haut-Katanga dans les mois à venir. Pour l’instant, la situation reste préoccupante et fait l’objet d’une surveillance étroite tant à Lubumbashi qu’à Kinshasa.
Nadine Kibau








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