
Le cessez-le-feu proposé par l’Angola entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe armé AFC/M23, soutenu par le Rwanda, est entré en vigueur aujourd’hui, 18 février 2026, à midi (heure locale). Cette initiative, annoncée par le président angolais João Lourenço – médiateur clé depuis 2022 – dans un communiqué publié dans la nuit du 11 au 12 février, vise à instaurer un arrêt immédiat des hostilités pour ouvrir la voie à un dialogue politique inclusif et consolider les processus diplomatiques antérieurs, tels que les accords de Doha en 2025 et de Washington en décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda.
Le président Félix Tshisekedi a accepté le principe de cette proposition le 13 février, dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit, tout en posant des conditions claires : un gel strict et immédiat des positions militaires, la fin de tout renforcement ou rotation offensive, l’arrêt des approvisionnements hostiles et la cessation de tout appui extérieur aux groupes armés. De son côté, le M23/AFC a affiché une position réservée et hésitante ; bien que certains éléments indiquent une acceptation conditionnelle (liée à l’arrêt des tirs des FARDC et au respect du cadre de Doha), le mouvement n’a pas pleinement adhéré publiquement et a dénoncé une possible manipulation ou un manque de consultation directe.
Sur le terrain, au matin et autour de midi ce 18 février, plusieurs sources signalent que les combats n’ont pas totalement cessé : des bombardements par drones et des affrontements persistent notamment dans la plaine de la Ruzizi (zones Kigoma/Mubéré), avec l’utilisation de drones kamikazes par l’AFC/M23 contre les FARDC et les Wazalendo, tandis que des tensions continuent dans les hauts plateaux de Minembwe au Sud-Kivu et sur d’autres fronts. Des observateurs, y compris des médias congolais, RFI et Le Point, qualifient déjà cette trêve de très fragile ou incertaine, à l’image des précédents accords (Doha, Luanda I, Washington…) souvent violés peu après leur signature.
Du côté du suivi, la cheffe par intérim de la MONUSCO, Vivian van de Perre, se trouve à Goma depuis plusieurs jours pour préparer le monitoring et la vérification, avec un appui progressif conditionné aux garanties de sécurité. Sur le plan international, les États-Unis, l’Union européenne, la France et l’ONU appellent à un respect strict et immédiat, avec une pression américaine particulièrement forte pour que l’accord Washington-Rwanda soit honoré en parallèle. Le scepticisme reste généralisé parmi les analystes et de nombreux citoyens congolais, sur les réseaux comme X et dans les médias locaux, en raison de l’historique des violations et de l’absence de retrait du M23 des zones occupées comme Goma et Bukavu. Cette nouvelle tentative de paix reste donc hautement précaire, et les prochains jours seront décisifs pour en évaluer la réelle effectivité.
Nadine Kibau
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