La coalition Lamuka s’oppose fermement au transfert des migrants des États-Unis vers la République démocratique du Congo et appelle le Congrès américain à annuler immédiatement cette mesure.Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 8 avril 2026, la coalition d’opposition Lamuka, en alliance avec le parti ADD Congo, a vivement dénoncé l’accord conclu entre Kinshasa et Washington portant sur l’accueil temporaire de migrants expulsés des États-Unis.
Selon cet accord officialisé début avril, la RDC s’apprête à recevoir sur son territoire des ressortissants de pays tiers en situation irrégulière, expulsés par l’administration américaine. Le dispositif, présenté comme temporaire et entièrement financé par les États-Unis, prévoit déjà l’identification de sites d’accueil à Kinshasa.Pour les leaders de Lamuka, cet accord constitue un « deal inacceptable » et une atteinte à la souveraineté nationale. Le porte-parole de la coalition, Prince Epenge, président de l’ADD Congo, a été particulièrement virulent. Il a déclaré que la RDC ne pouvait pas devenir « une poubelle pour les migrants expulsés des États-Unis » et a mis en doute la capacité du pays à assurer la protection et la sécurité de ces personnes, alors que l’État congolais peine déjà à garantir la sécurité de ses propres citoyens face à l’insécurité persistante à l’est du pays.
Prince Epenge a également accusé le président Félix Tshisekedi de faire des concessions excessives pour obtenir le soutien de Donald Trump en vue d’un éventuel troisième mandat. « Jusqu’où Félix va-t-il aller dans sa logique de faire plaisir à Donald Trump ? », s’est-il interrogé, qualifiant cette décision de « haute trahison » et soulignant qu’aucune consultation n’avait été faite ni avec le Parlement, ni avec la population congolaise. La coalition Lamuka demande donc solennellement au Congrès américain d’intervenir pour bloquer toute procédure de déportation vers la RDC. Elle estime que cet accord, conclu de manière opaque, risque d’aggraver les tensions sociales et sécuritaires en RDC et porte atteinte à la dignité du pays.
Cette prise de position s’ajoute aux nombreuses critiques déjà exprimées par la société civile et d’autres mouvements comme Lucha, qui dénoncent également l’incapacité de l’État congolais à protéger ses propres populations avant d’accueillir des migrants étrangers. La polémique autour de cet accord migratoire USA-RDC continue donc de monter, à seulement quelques jours du début des premiers transferts annoncés pour le mois d’avril 2026.
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