
Le mouvement d’opposition « Sauvons la RDC », présidé par l’ancien président de la République Joseph Kabila Kabange, a tenu son deuxième conclave du 6 au 8 avril 2026 dans une banlieue sud-africaine située à environ 60 km de la ville de Pretoria, en Afrique du Sud, et non à Kigali comme l’ont affirmé à tort certaines rumeurs relayées par le pouvoir en place à Kinshasa. Les membres fondateurs de la plateforme, créée lors du premier conclave à Nairobi en octobre 2025, se sont réunis sous la présidence effective de Joseph Kabila pour examiner en profondeur la situation politique, sécuritaire, économique et sociale de la République démocratique du Congo, ainsi que les différentes initiatives régionales et internationales de recherche de la paix. Dans le communiqué final publié le 12 avril 2026 et signé par le coordonnateur du Secrétariat Technique, Moïse Nyarugabo, le mouvement dresse un constat très sévère du régime actuel.
Il dénonce une dérive dictatoriale clairement assumée par le pouvoir en place, caractérisée par une répression politique systématique et brutale, le musellement violent de toute voix discordante et le refus obstiné de tout dialogue crédible susceptible de mettre fin à la crise multidimensionnelle que traverse le pays. Les participants expriment leur compassion envers toutes les victimes de cette « barbarie » et déplorent la dégradation continue des conditions de vie des populations sur l’ensemble du territoire national, marquée par une précarisation croissante, une gouvernance prédatrice et l’exploitation des ressources du pays au profit d’une minorité.Le mouvement « Sauvons la RDC » s’oppose fermement à toute tentative de changement ou de réforme de la Constitution, promettant de s’y opposer par tous les moyens légaux, notamment en invoquant l’article 64 de la loi fondamentale qui autorise le peuple à résister à l’oppression.
Il critique également l’opacité entourant certains accords conclus par Kinshasa, dont celui portant sur l’accueil de migrants refoulés des États-Unis, qu’il qualifie de volonté de transformer la RDC en « dépotoir humain ». Concernant les initiatives de paix (Washington, Doha, Union Africaine, Luanda, Lomé, Nairobi, CENCO/ECC), la plateforme salue les efforts déployés mais regrette que, en raison de la mauvaise foi du pouvoir et de l’élusion des causes profondes de la crise – non-respect du pacte républicain de Sun City, illégitimité des institutions, instrumentalisation de la justice, tribalisme et division – les perspectives d’une paix durable s’éloignent de jour en jour.Ce deuxième conclave intervient dans un contexte de forte tension politique en RDC, où l’opposition accuse le régime de Félix Tshisekedi de vouloir préparer un troisième mandat à travers une révision constitutionnelle.
Le mouvement, qui se veut une large coalition rassemblant forces politiques, sociales et de la diaspora, insiste sur son caractère pacifique tout en appelant implicitement les Congolais à la mobilisation pour défendre la Constitution et restaurer la démocratie. Pour des raisons de sécurité, les organisateurs ont choisi de ne plus divulguer publiquement les lieux exacts de leurs rencontres futures. Le communiqué final, rendu public sur le site officiel du mouvement, marque ainsi une nouvelle étape dans la structuration de cette plateforme d’opposition lancée il y a seulement six mois et qui entend jouer un rôle majeur dans les débats nationaux à venir. Les travaux de ce conclave confirment la détermination de Joseph Kabila et de ses alliés à rester actifs sur la scène politique congolaise malgré leur éloignement du pouvoir.
Nadine Kibau
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