
La Commission européenne a lancé vendredi la procédure officielle visant à activer la "loi de blocage", afin de contrecarrer les effets extraterritoriaux des sanctions américaines pour les entreprises européennes voulant investir en Iran, comme annoncé la veille par son président Jean-Claude Juncker. Cette réglementation européenne avait été créée en 1996 pour contourner l'embargo sur Cuba, mais jamais utilisée car la crise avait été résolue politiquement.
"La levée des sanctions liées au nucléaire est une part essentielle du JCPOA. L'Union européenne s'engage pour mitiger l'impact des sanctions américaines sur les entreprises européennes et prend des mesures pour maintenir la croissance du commerce et des relations économiques entre l'UE et l'Iran qui ont débuté quand les sanctions ont été levées", souligne la Commission. Cette loi dite "de blocage" permet aux entreprises et tribunaux européens de ne pas se soumettre à des réglementations sur des sanctions prises par des pays tiers et stipule qu'aucun jugement décidé par des tribunaux étrangers sur la base de ces réglementations ne saurait s'appliquer dans l'UE.
2 mois pour s'opposer aux mesures
L'exécutif européen a également lancé la procédure pour permettre à la Banque européenne d'investissement (BEI) de soutenir les investissements européens en Iran, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.
Le Parlement européen et le Conseil (les Etats membres) ont deux mois pour s'opposer à ces mesures. "La procédure peut être interrompue si les circonstances politiques ne justifient plus l'adoption des mesures", précise l'exécutif européen. "L'Union européenne agit rapidement et dans la légalité", s'est félicité dans un communiqué la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.
Elle annoncé que la prochaine réunion régulière de la commission chargée, sous l'égide de l'UE, de superviser l'accord sur le nucléaire iranien aura lieu le 25 mai à Vienne. Elle rassemblera les directeurs politiques de l'Iran et des grandes puissances qui avaient négocié l'accord signé dans la capitale autrichienne: la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Pour la première fois, les Etats-Unis n'y participeront pas.
Avec AFP








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