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POLITIQUE

L'actualité Politique de la semaine en RDC

En RDC, une nouvelle tension politique vient de surgir au sein de l’Assemblée nationale avec le dépôt, ce lundi 13 avril 2026, d’une motion de défiance contre le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo. Cette initiative parlementaire, qui pourrait potentiellement conduire à la destitution du haut responsable gouvernemental, a été officiellement introduite par le député national Laddy Yangotikala Senga, élu de la circonscription de Kisangani-Ville dans la province de la Tshopo et membre du groupe parlementaire Bâtissons le Congo, qui fait pourtant partie de la majorité soutenant le gouvernement. Dans sa correspondance datée du 13 avril 2026 et adressée au président de l’Assemblée nationale, le député Laddy Yangotikala Senga reproche principalement au vice-Premier ministre Jacquemain Shabani une incapacité manifeste à maîtriser la dégradation continue de la situation sécuritaire dans plusieurs grandes villes du pays, et tout particulièrement à Kinshasa.
 
Selon les termes de la motion, malgré les différentes stratégies et mesures annoncées par le gouvernement ces derniers mois, la capitale continue d’être le théâtre d’une recrudescence alarmante d’actes de banditisme, de braquages à main armée, de kidnappings express, de vols de véhicules et d’autres formes de criminalité urbaine qui plongent la population dans un climat permanent d’insécurité. Les pétitionnaires estiment que ces phénomènes, qui touchent désormais tous les quartiers, y compris les zones autrefois considérées comme relativement calmes, traduisent un échec dans la gestion des services de sécurité placés sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Si cette motion est déclarée recevable par le bureau de l’Assemblée nationale, elle sera inscrite à l’ordre du jour de la plénière, où un débat public sera organisé. Jacquemain Shabani aura alors l’opportunité de présenter sa défense devant les députés.
 
En cas d’adoption de la motion par la majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale, le vice-Premier ministre serait contraint de quitter ses fonctions, ce qui constituerait un sérieux revers pour le gouvernement et pourrait entraîner un remaniement ministériel. À l’heure actuelle, plusieurs sources indiquent que la motion a déjà recueilli un nombre significatif de signatures, dépassant la cinquantaine de députés, même si le chiffre exact n’a pas encore été confirmé officiellement par le secrétariat de l’Assemblée. Ce dépôt intervient dans un contexte où les questions de sécurité restent parmi les préoccupations les plus pressantes des Congolais, particulièrement des habitants de Kinshasa. Ces derniers mois, de nombreux témoignages et reportages ont fait état d’une multiplication des incidents sécuritaires, même en plein jour, dans des quartiers comme Gombe, Lingwala, Barumbu, Kalamu, ou encore dans les communes périphériques. Le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani, nommé à ce poste stratégique après les élections, avait pourtant promis une restauration progressive de l’autorité de l’État, avec des initiatives telles que le renforcement des patrouilles mixtes, l’amélioration du système d’urgence policière via le numéro vert, ou encore une meilleure coordination entre la Police nationale congolaise, les services de renseignement et les autorités provinciales.
 
Malgré ces annonces, les critiques persistent et s’amplifient au sein même de la majorité parlementaire, comme en témoigne cette motion portée par un député issu de ses rangs.Il convient de rappeler que Jacquemain Shabani Lukoo n’est pas à sa première expérience aux affaires sécuritaires. Il avait déjà occupé des fonctions importantes dans le secteur sous les précédents gouvernements, ce qui rend cette motion d’autant plus symbolique. Pour l’instant, ni le bureau de l’Assemblée nationale, ni le Premier ministre, ni le vice-Premier ministre lui-même n’ont réagi publiquement à cette initiative. Selon le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le bureau doit d’abord examiner la forme et le fond de la motion pour en vérifier la recevabilité avant de la transmettre en plénière. Cette procédure peut prendre quelques jours, période durant laquelle des tractations politiques intenses sont attendues en coulisses entre les différents groupes parlementaires.Cette motion de défiance s’inscrit également dans un calendrier parlementaire déjà chargé. Elle survient seulement quelques jours après que la REGIDESO S.A. a annoncé des perturbations importantes dans la distribution d’eau potable dans plusieurs communes de Kinshasa en raison de travaux de réparation urgents sur des fuites majeures du réseau vieillissant.
 
Par ailleurs, le gouvernement examine actuellement la possibilité d’une hausse du prix de l’eau afin de redresser financièrement la REGIDESO et de financer la modernisation de ses infrastructures, une mesure qui risque d’ajouter une nouvelle couche de mécontentement populaire si elle est mise en œuvre sans mesures d’accompagnement suffisantes. Pour de nombreux observateurs, cette motion reflète les fortes attentes de la population et de ses représentants face aux défis quotidiens : accès à l’eau, sécurité, électricité, et lutte contre la pauvreté. Elle met également en lumière les tensions internes au sein de la coalition au pouvoir, où certains députés estiment que le gouvernement doit rendre des comptes plus rigoureux sur les questions sécuritaires, considérées comme prioritaires par l’opinion publique. 
 
L’évolution de cette affaire sera suivie avec beaucoup d’attention dans les prochains jours. Si la motion est jugée recevable, les débats en plénière promettent d’être vifs et pourraient révéler les véritables rapports de force au sein de l’Assemblée nationale. En attendant, les Kinois continuent de vivre au quotidien avec ces deux réalités parallèles : les coupures d’eau récurrentes dues à un réseau défaillant et l’insécurité qui pèse sur leurs déplacements et leur tranquillité. Le gouvernement et les institutions parlementaires sont ainsi appelés à répondre de manière concrète à ces préoccupations multiples pour éviter que la frustration populaire ne s’accentue davantage.
 
Nadine Kibau

 

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